Notre dossier : mourir et s'y préparer

Selon le bouddhisme, la mort n’est pas une expérience terrifiante si on en comprend le processus et qu’on l’affronte d’une façon adéquate. Pour les yogis, il s’agit même d’une expérience de béatitude ! Quoiqu’il en soit, c’est une étape que chacun d’entre nous devra franchir. Ces extraits d’enseignements indiquent comment aider les mourants et les morts et comment se préparer à mourir durant sa vie. Ce dossier a été principalement traduit de l’anglais par Sam Regad d’après le Mandala de septembre-octobre 1997 (le magazine de la FPMT).
A lire sur le sujet :
à lire
Le Sens de la Vie,
Le Dalaï Lama (Ed. Dangles ou J’ai Lu)
La Mort, l’Etat Intermédiaire et la Renaissance dans le Bouddhisme Tibétain,
Lati Rinpoché et Jeffrey Hopkins (éd. Dharma)
Pour Mieux Vivre sa Mort,
Glenn Mullin, préface d’E. Kubler-Ross (éd. Trismégiste)
Le Livre des Morts Tibétain, la grande libération par l’audition pendant le bardo,
F. Fremantle et Chögyam Trungpa. (Ed. Le Courrier du Livre)
Le Livre Tibétain des Morts,
Guéshé Lobsang Dargyay (Ed. Albin Michel).
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort,
Sogyal Rinpoché (Ed. Table Ronde)
L’Enfant Lama,
Vickie Mackenzie (Ed. Robert Laffont)
Qui Meurt ?
, Stephen Levine (Ed. Souffle d’Or)
Vivre avec la mort et les mourants,
Elisabeth Kübler-Ross (Ed du Rocher). Un ouvrage fascinant parmi de nombreux autres d’E. Kübler-Ross qui a été un précurseur en la matière en Occident.

Comment être utile
aux mourants

Kyabjé Thoubten Zopa Rinpoché

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Le plus important est de prendre soin de l’esprit du mourant. Il y a beaucoup d’autres personnes qui peuvent prendre soin du corps, mais nous pouvons prendre soin de l’esprit.
Pendant la maladie
Donner l’inspiration à la personne afin qu’elle puisse penser aux autres avec bonté, amour et compassion, afin qu’elle souhaite que les autres soient heureux et libres de souffrance, est ce qu’il y a de mieux. Si une personne meurt avec la pensée d’être utile aux autres, alors son esprit est naturellement heureux et cela donne du sens à sa mort.
Suivant les capacités de la personne, on peut lui enseigner la méditation de « prendre et donner » [tib. Tong lèn, prendre les souffrances des autres sur soi et leur offrir son propre bonheur] ou celle de la bonté aimante (skt. Métta). Si la personne est d’une nature très compassionnée, si elle a un « esprit courageux », elle sera capable de faire tong lèn, de prendre la souffrance et d’offrir du bonheur. Si la personne peut faire tong lèn, c’est la meilleure façon de mourir puisque cela signifie mourir avec l’esprit d’Eveil, avec bodhicitta. Un de mes maîtres appelle cela « une mort indépendante ». Pour ceux qui ne peuvent concevoir qu’autrui est plus important que soi, alors il sera plus facile de souhaiter que les autres soient heureux et sans souffrances.
Il est très important de connaître l’esprit de la personne. On peut alors enseigner en fonction de ses capacités : voyez sur le moment, utilisez votre propre sagesse et estimez la profondeur de la méthode que vous allez présenter. Le mieux serait de pouvoir donner au mourant une idée du processus de la mort selon les tantras : l’évolution de la dissolution des éléments, des sens, de la conscience, jusqu’à la conscience subtile.
Quant aux personnes qui ont perdu leur capacité de compréhension, celles qui sont dans le coma ou atteintes de démence, il est peu probable qu’elles comprennent. Notre aide doit viser à ce qu’elles atteignent au moins une parfaite renaissance humaine. Tel doit être notre but, il n’est pas nécessaire que la personne croit au karma, mais qu’elle meurt dans un état d’esprit positif, de bonté aimante, de compassion ; c’est un don de valeur que nous pouvons lui faire. Notre but principal est que le corps physique soit soulagé afin de nous consacrer à l’esprit, afin de le tourner vers le positif, pour que la personne puisse au moins mourir sans colère, sans désir, etc.
Vous devriez apprendre diverses méthodes qui puissent être bénéfiques pour l’esprit (notamment pour l’apaiser), dans le présent mais aussi dans l’avenir. Faites-vous une idée du niveau de méthode à offrir.
Si par exemple on visualise le Bouddha, dans son esprit ou extérieurement, ou si on observe la nature conventionnelle de l’esprit, sa clarté, d’autres pensées telles que la colère et l’attachement ne surgissent pas. Si l’on peut faire cela au moment de la mort, on ne renaîtra pas dans les royaumes inférieurs. Tout dépend de l’esprit de la personne.
Suivant l’esprit de la personne, vous pouvez parler « d’être totalement éveillé », plutôt que de mentionner le terme sanskrit de « Bouddha ». Si c’est plus habile vous pouvez parler de Dieu, Dieu compatissant ou Dieu aimant ou l’Omniscient. Expliquez lui que son esprit, son cœur sont totalement purs ; que Le Pleinement Eveillé, Dieu est compatissant envers tous, y compris envers elle. Amenez-la à penser que son cœur plein d’amour est un avec Dieu ; que le royaume de Dieu est en nous ; cela libère les gens de la culpabilité, de la colère, de leurs pensées négatives.
Les initiations et les vœux ne protègent pas des royaumes inférieurs ; après avoir reçu des initiations ou pris des vœux, on crée simplement plus de karmas négatifs, pour une renaissance inférieure. Par contre les mantras, par exemple, aident la personne à atteindre une renaissance supérieure, une fois que son karma négatif est épuisé. Même si la personne ne souhaite pas entendre de mantra, une empreinte positive est déposée dans son esprit, et un jour ou l’autre, elle rencontrera la voie et aura la capacité de pratiquer les enseignements, d’éliminer les perturbations et d’atteindre l’Eveil. Même si ça la met en colère d’entendre des mantras, et qu’elle meurt en colère, c’est toujours mieux que de ne pas entendre de mantra et de demeurer paisible. De cette façon, pas à pas, le karma de la personne l’amène sur le sentier du mahayana et à l’Eveil.
Pendant le processus de la mort
Si vous avez étudié le processus de la mort, vous pourrez reconnaître -pendant que la personne est réellement en train de mourir- les étapes que la conscience traverse, les éléments qui sont en train de se dissoudre, etc. Il est mieux que la famille ne pleure pas, puisque cela génère de l’attachement dans l’esprit du mourant. Il existe des sons qui aident la conscience au moment de la mort, des sons bénéfiques, des mantras, etc. En dehors de cela, il est mieux de rester silencieux, de ne pas faire de bruit. On devrait enseigner à la famille comment créer cette atmosphère. Il est possible de donner des médicaments contre la douleur afin d’aider la personne à pouvoir penser. Mais prescrire des médicaments pour soulager l’angoisse n’est pas bon. Etre sous calmant au moment de la mort empêche de purifier les karmas négatifs. L’angoisse devient profitable, si la personne peut en faire l’expérience. Il est difficile de faire la différence. Souvent les familles souhaitent que le patient reçoive des calmants mais c’est plutôt pour leur propre confort que pour celui du patient.
Au moment de la mort, invitez la sangha à chanter des mantras, d’une façon tonique à la manière des Chinois. Lorsqu’ils chantent ainsi, la personne ressent qu’il n’y a rien de plus important que le Bouddha Amitabha. Elle se sent protégée, soutenue et guidée.
Chanter le nom des trente-cinq bouddhas est extrêmement puissant ; les gens peuvent venir chanter ensemble. On peut également chanter les mantras des cinq déités extrêmement puissantes utilisés dans Jangwa pour libérer les mourants et les morts, pour purifier les vivants et libérer les êtres des royaumes inférieurs. Donner du Souffle aux Infortunés est le texte à utiliser, il contient des mantras puissants. On peut placer un stoupa sur la poitrine ou la tête de la personne ou le lui faire tenir. Chaque fois qu’elle est en contact avec le stoupa, du karma négatif est purifié. Même si la conscience a déjà quitté le corps, il est encore bénéfique de toucher le corps avec un stoupa. C’est également bon pour les bébés ou pour les gens qui ne comprennent pas. On peut même dire aux non-bouddhistes que le stoupa est dédié à la paix, à la guérison ou la purification. La personne peut visualiser que le stoupa irradie de la lumière. Il est bon d’avoir toujours quelques stoupas à portée de main, pour la guérison ou pour dissiper les nuisances causées par des esprits.
Un papier sur lequel sont notés les dix grands mantras peut être placé sur le corps de la personne et la prière de dédicace récitée.
Lorsque la respiration a cessé
La première chose que l’on peut faire lorsque la respiration a cessé est la pratique du Bouddha de Médecine (tib. Sanguyé Mènla), en groupe ou individuellement (même pour un animal), chanter les noms ainsi que les mantras. Le Bouddha de Médecine a promis que quiconque chanterait son mantra ou sa prière verrait tous ses souhaits et prières réalisés. Le pouvoir de la prière a été atteint par le Bouddha de Médecine, ce qui donne de la puissance au succès des prières. Un des dix pouvoirs est celui de la prière, donc priez comme si vous étiez l’agent du Bouddha de Médecine, de la part de celui qui vient de mourir.
Ensuite vous pouvez pratiquer le transfert de la conscience vers la terre pure d’Amitabha (tib. Powa) ainsi qu’accomplir d’autres pratiques.
Vous pouvez lire « La Prière des Bonnes Actions » (Tib. Sang Chö), plus connue sous le nom de « Prière Royale ». Il est également bénéfique que les participants aux obsèques la lisent ensemble.
Vous pouvez réciter le mantra de Namgyèlma vingt-et-une fois, puis souffler sur de l’eau, sur des graines de sésame, du parfum ou du talc, et ensuite asperger ou saupoudrer le cadavre de cette substance bénite par le mantra. Le mantra de Namgyèlma est très puissant pour purifier ; il est mieux de réciter le long mantra, mais le court peut être utilisé.
Si on inscrit ce mantra sur un morceau de tissu ou de papier et qu’on le place au sommet d’une montagne ou d’un toit, où le vent souffle, quiconque entrant en contact avec ce vent reçoit des bénédictions et voit ses karmas négatifs purifiés. Circumambuler autour d’un stoupa qui contient ce mantra purifie tous les karmas de renaissance dans les enfers chauds.
Au Tibet lorsque la respiration cesse, personne ne touche le corps avant qu’un lama du village ait accompli powa ; c’est important. Observez les signes indiquant que la conscience a quitté le corps (après powa, par exemple) : la goutte blanche, sous forme de pus ou d’eau quitte la narine, ou, pour une femme, du sang ou de l’eau s’écoule de la partie inférieure du corps. Tout d’abord, tirer les cheveux au centre du crâne vers l’arrière, afin que la conscience s’échappe par là. Des cheveux peuvent aussi tomber au niveau de l’arrière du crâne.
Se préparer à la mort au cours de la vie
Sa Sainteté affirme qu’il est difficile de vraiment méditer au moment de la mort comme on l’a fait durant sa vie. Si au cours de sa vie on ne pouvait pas bien méditer, alors au moment de sa mort on ne pourra pas soutenir la concentration. L’essence est d’avoir accumulé des mérites et accompli des purifications quotidiennes en relation avec les êtres sensibles ; il faut avoir servi autrui avec un cœur sincère, de la bonté aimante et de la compassion. Il faut également avoir fait des offrandes au gourou, les Trois Joyaux.
La pratique du bon cœur durant la vie, c’est-à-dire bodhicitta, purifie tellement de karma négatif, même très lourd et empêche d’en créer plus. Le karma négatif fait que l’esprit connaît l’expérience de la peur de la mort. Bodhicitta arrête tout particulièrement les souffrances incommensurables, la souffrance des renaissances, qui est produite ultérieurement par ces actions négatives. On devrait vivre dans l’éthique, prendre les préceptes d’un maître spirituel ou devant les objets saints.
Il est important d’intégrer dans votre vie les cinq pouvoirs et d’apprendre les cinq pouvoirs à pratiquer au moment de la mort.
Ce sont des pratiques très spéciales pour atteindre l’Eveil rapidement. Elles incluent powa, le transfert de la conscience au moment de la mort, dans une terre pure. Dans la terre pure, on reçoit des enseignements du vajrayana qui permettent d’atteindre l’Eveil en une seule vie. L’efficacité de powa dépend de la façon dont on a pratiqué les cinq pouvoirs au moment de la mort. Ce qui dépend de la manière dont on a effectué les pratiques courantes au cours de sa vie.
Le Lam Rim explique les quatre méthodes pour accumuler des mérites puissants et vastes. On devrait s’y appliquer dans la vie quotidienne, tout en menant les activités ordinaires, manger, dormir, marcher, etc, plutôt que d’accomplir ces actions par désir, sous l’emprise de l’attachement au samsara.

Les dix grands mantras
1. Om mani padmé houm (Tchènrézi)
2. Tayata om bhékandzé bhékandzé maha békhandzé ranza samoungaté soha (Bouddha de Médecine)
3. Om péma ounika bimalé houng phat (Bouddha Rinchèn Tsultor)
4. Om namo bhagawati sarva dukha te pari shadhani razaya tata gataya hadatay samyaksam buddhaya tayata om shoudhani shoudhani sarwa parpum bishoudhaya karma awarana bishoudhaniyay soha
5. Om dhroum soha/ om amrita ayour dandé soha
6. Namo ratna trayaya om kham khani kham khani rotsani rotsani trotani trotani trasani trasani pratihana pratihana sarwa karma param para nimay sarwa satva naynytsa soha (Bouddha Mitrukpa)
7. Om péma shawari pay nanaparishig naganana tayata sarwa birita hana hana bèndza narakya rakya soha nama tsapanam samyaksam bouddha katanam parishoudhay manasi abhay sita prati tita nam namo bagawatay amritayou yakshashya tathagatasya om sarwa tathagata shoudi ayour bishoudhani samhara samhara sarwa tathagata birab len prati sam haryou tsara tsara sarwa tathagata samaya bodhi bodhi bouddhaya bouddhaya bodhaya bodhaya mama sarwa papam alana bishoudhay bikata mala sarasouwatay bouddha hourou hourou soha
8. Nama nawa nawa tinam tathagata kam kamna déwa loukanam kotini youtashata saha sanam om bobo ri sarinisari mo ri kouri tsala wari soha
9. Namo bhagawati narwa narwa tinam samya sambudhay koti utah shara sanam nama sarwa ni bara na bikami nibodhi sataya om tourou tourou mama sarwa awarana bishudani sarwa tathagata ayour balani bipulani ramalay sarwa siddhi nama tita bhara bhara sarwa satam awalokini om sarwa ni barana bikama bini mama sarwa papam bishudani kourou soha
10. Om ah houm bèndza gourou péma siddhi houm (Gourou Rinpoché).

Prière de dédicace
Puisse quiconque touche, porte autour de son cou (comme une amulette), entend, se souvient ou parle de ces mantras, ne jamais renaître dans les royaumes inférieurs, et renaître toujours au sein du mahayana en obtenant une forme de renaissance supérieure.
Puisse cette personne prendre l’ordination très jeune et être guidée parfaitement par des maîtres spirituels du mahayana, puisse son continuum mental ne faire qu’un avec les trois principes de la voie.
Par la réalisation du stade de génération et d’accomplissement puisse cette personne atteindre le corps illusoire pur et l’esprit pur de la claire lumière de signification.
Puisse cette personne accomplir l’état d’union des sept étreintes pendant sa courte durée de vie de ces temps dégénérés ou renaître dans une terre pure, atteignant une forme de renaissance très spéciale dotée de toutes les conditions nécessaires pour pratiquer les tantras et puisse-t-elle accéder à l’éveil rapidement.
Que tous les êtres qui entendent, voient, touchent ou parlent de ces mantras soient libérés de tous les types d’obstacles et de problèmes causés par les esprits nuisibles.
Par le pouvoir de mon engagement dans les vastes pratiques des bodhisattvas et dans la pratique de la moralité pure, puissé-je rencontrer la doctrine du glorieux Lama Tsong Khapa par les deux étapes du yoga de la béatitude et de la vacuité.

Conseils de Tenzin : Il est approprié de plier les mantras, de les envelopper dans un tissu bleu et d’accrocher cette amulette au cou du mourant ou du défunt. Mais elle doit être retirée lorsque le patient reçoit des injections ou autre car cela créerait un obstacle aux médicaments. Il est également bien de placer l’amulette sur l’autel et de réciter les mantras pour la bénir avant de la donner au mourant.

Le court mantra de Namgyèlma : Om dhroum soha om amrita ayour dadesoha.


Prière de dédicace
Puissent tous les êtres se trouvant dans l’endroit où le mantra de Namgyèlma est placé (par exemple dans la voiture, la maison, à l’hôpital, sur le corps etc.) ou tout être qui voit, touche, se souvient ou parle de l’endroit où se trouve le mantra, recevoir tous les bienfaits de ce mantra.
Puissent tous leurs karmas négatifs être purifiés, puissent-ils jouir d’une longue vie et ne jamais renaître dans les royaumes inférieurs.
Puissent ceux qui meurent, renaître immédiatement dans la terre pure de Bouddha Amithaba ou ne connaître que des renaissances humaines parfaites et atteindre l’éveil sublime.
Par le simple fait de se trouver à cet endroit, d’avoir rencontré l’ami vertueux et de lui être dévoué, puissent-ils trouver la foi dans le refuge et le karma et être capable de réaliser bodhicitta immédiatement.

Harmoniser
la pratique
de sa vie avec
les cinq pouvoirs

Guéshé Rabten

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Les cinq pouvoirs durant la vie
Il y a cinq pouvoirs que l’on devrait pratiquer tout au long du reste de cette vie ainsi qu’au cours de toutes les existences futures.
Le premier est celui de la motivation. Cela signifie que nous devrions être vigilant à chaque instant, pour pouvoir arrêter immédiatement les perturbations émotionnelles lorsqu’elles surgissent. Ce qui signifie également que nous devrions avoir l’intention de réserver les trois portes, de notre corps, parole et esprit, à l’usage de bodhicitta. Ces deux motivations devraient être maintenues jusqu’à l’état d’Eveil complet car elles sont la base la plus saine de l’activité future.
Le second est le pouvoir de l’accoutumance. Ainsi nous nous habituons à bodhicitta, jusqu’à être toujours conscient de nos buts les plus élevés. Par la force de l’accoutumance à cet esprit, nous pouvons utiliser toute circonstance -même celle de voir la misère de l’existence d’un chien- pour développer notre aspiration la plus élevée, c’est-à-dire atteindre la perfection complète de la bouddhéité pour le bien de tous les autres êtres.
Le troisième est est le pouvoir de la graine blanche. Nous cultivons la graine de bodhicitta, en nous, si elle n’est pas encore née, nous la nourrissons et la développons si elle est déjà présente. Si toutes nos actions concourent à cela, elles contribuent à son développement.
Le quatrième est celui de la destruction. Il est dirigé contre l’attitude du chérissement de soi, qui est en complète contradiction avec bodhicitta. C’est notre ennemi véritable et il devrait être totalement détruit. En réalisant que c’est la cause de toute notre confusion et de toute notre souffrance, nous devrions être vigilant et l’éradiquer au moment-même où il surgit.
Le cinquième pouvoir est celui des prières et de l’aspiration pour le chemin. Bien que nos actes passés maladroits soient innombrables, nous pouvons voir clairement que résident au fond de nous de nombreuses graines d’actions vertueuses qui résultent d’actions passées valables. Le simple fait d’avoir obtenu cette précieuse vie humaine dotée de toutes les qualités nous permettant de suivre un chemin spirituel, en est une preuve évidente. Nous devrions donc utiliser le pouvoir de cette aspiration pour le chemin et dédier notre conduite vertueuse et nos mérites créés dans cette vie et les vies passées, afin de toujours pouvoir cultiver bodhicitta de cet instant même jusqu’à la réalisation ultime. C’est ce qui constitue la prière d’aspiration.
Nous devrions comprendre que le fait de jouir d’un bonheur relatif et de confort provient d’actions vertueuses passées, et nous devrions décider d’agir d’une manière similaire dans le futur afin de réunir les causes pour perpétuer les conditions plaisantes de cette vie. Réalisant que les faits malheureux qui surviennent sont produits par des actions non vertueuses passées, nous devrions également décider fermement de cesser de semer d’autres graines de ce type. L’instruction du grand véhicule pour la transmigration de la conscience est d’appliquer exactement ces cinq pouvoirs, couché dans la position parfaite.

Les cinq pouvoirs au moment de la mort
Le moment de la mort, lorsque la conscience débute son transfert vers une autre vie, est crucial, on devrait y être bien préparé. Ceci peut être effectué au moyen des cinq pouvoirs, bien qu’ici ils soient d’une nature légèrement différente de ceux appliqués durant la vie.
Le premier est le pouvoir de la graine blanche. Lorsqu’on réalise qu’on est sur le point de quitter cette existence, on devrait se préparer en se débarrassant de ses objets d’attachement auprès des autres. Ceci devrait être accompli en faisant don de toutes ses richesses ou de ses biens aux autres, en faisant la charité ou en les offrant à une cause spirituelle digne. C’est très profitable, car au moment de la mort, le désir puissant ou l’attachement qui nous lierait plus fermement encore à l’existence cyclique aura moins de chance de surgir.
Le second est le pouvoir des prières d’aspiration. On devrait faire des offrandes aux Trois Joyaux Suprêmes ainsi qu’à notre maître spirituel. On ne devrait pas se satisfaire de donner des objets matériels ; les offrandes les meilleures à cet instant sont toutes les graines de mérite que nous avons accumulées. C’est ce qui est le plus plaisant pour les objets de refuge. En faisant ces offrandes on devrait leur joindre une prière comme la prière suivante d’aspiration pour le chemin : « Maintenant, et à tout moment, au cours de ma mort, de l’état intermédiaire, de l’incarnation prochaine et au cours de toutes les incarnations suivantes, bénissez-moi, afin de ne jamais être séparé de cette pratique. Puissé-je être toujours guidé par des maîtres spirituels authentiques qui ne cessent de me conduire à cultiver bodhicitta. »
Le troisième est celui de la destruction. On devrait comprendre que la cause première qui fait que l’on continue à tourner à travers la roue de l’existence, est la saisie du soi, des biens, des relations, des possessions et des amis. Une fois que l’on reconnaît que cette saisie est notre plus grand ennemi, on devrait essayer d’éradiquer toute trace de cet attachement qui restreint nos chances de liberté.
Le quatrième est le pouvoir de la motivation. On devrait avoir l’intention solide de poursuivre la pratique de générer bodhicitta, même pendant l’étape intermédiaire, entre la mort et la naissance. Si l’on génère fermement cette intention alors l’esprit d’Eveil surviendra spontanément, même si dans un moment comme celui-ci, il y a normalement peu de liberté d’action.
Le cinquième est le pouvoir de l’accoutumance. On devrait tout particulièrement être accoutumé à bodhicitta. Ceci devrait être fait dans la position parfaite, allongé sur le côté droit, la main droite sous la joue et l’annulaire droit fermant la narine droite. Ensuite lorsqu’on respire encore, on devrait pratiquer prendre et donner (tib. Tong Lèn) au lieu de gâcher son souffle. On peut méditer alternativement sur la vacuité, la bodhicitta ultime, en pensant que la véritable nature de tout ce qui existe, les phénomènes internes aussi bien qu’externes, est la vacuité de leur auto-existence véritable et substantielle. Même si les choses nous apparaissent encore d’une façon erronée, nous devrions considérer qu’ultimement elles sont vides de cette manière fausse d’apparaître.

Extrait du commentaire sur La Transformation en Sept Points
de Guéshé Chékawa, Conseils d’un Ami Spirituel (Editions Vajra Yogini)

Service de prières pour les défunt


Sur le conseil de Kyabjé Zopa Rinpoché, le bureau international de la FPMT propose d’apporter son soutien aux étudiants de Rinpoché au moment le plus crucial et dangereux, celui de la mort, en donnant à Sa Sainteté le Dalaï Lama le nom des étudiants qui meurent et en lui adressant une requête pour ses prières.
Si vous souhaitez adresser une requête pour des prières pour un étudiant de Rinpoché qui est décédé au cours des quarante-neuf derniers jours, veuillez remplir le formulaire ci-dessous et le faxer ou l’envoyer par e-mail au bureau international. Celui-ci fera parvenir à Sa Sainteté le nom de la personne ainsi qu’une kata et une offrande.
Si vous souhaitez adresser une requête pour des prières pour une personne qui ne serait pas un étudiant direct de Rinpoché, soyez gentil de joindre à votre requête une donation pour Sa Sainteté.
Les noms des personnes décédées seront également envoyés à Rinpoché, aux moines du monastère Nalanda et aux moniales de la communauté de Tchènrézi. Les centres et les étudiants qui le souhaitent peuvent recevoir par courrier électronique les noms des personnes récemment décédées pour les inclure dans leurs prières. Si vous souhaitez vous aussi faire partie de ce groupe, contactez :
“fpmt-prayersforthedead-subscribe@yahoogroups.com"

  A retourner par télécopie à FPMT International Office : 00 1 505 758 7765
ou par e-mail à “prayersforthedead@fpmt.org"

Nom du défunt :

Date du décès (pas antérieure à 48 jours, à compter d’aujourd’hui) :

Cause du décès :

Nom et adresse de la personne adressant la requête :

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