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Sommaire du numéro 24 :
Puisse le XXIème siècle être non-violent Sa Sainteté le Dalaï Lama
Une nouvelle perspective pour l'Institut
Retraite et Méditation Guéshé Lobsang Tengyé
La tendresse d'une mère, l'autorité d'un père Denis Huet
Rencontre avec Cécilia Cécilia Berranger
Regards Croisés Denis Huet et François Lecointre
En bref Notre dossier : Mourir et s'y préparer
Comment être utile aux mourants Kyabjé Zopa Rinpoché
Harmoniser la pratique de sa vie avec les cinq pouvoirs Guéshé Rabten
Service de prières pour les défunts Et encore...
Il y a quarante-trois ans aujourdhui, les Tibétains se soulevaient à Lhassa. Nous en célébrons aujourdhui lanniversaire et jen profite pour réaffirmer ma conviction que le présent et lavenir ont plus dimportance que le passé.
Cette photo fait partie d'une série de huit cartes éditées par les Editions Vajra Yogini
Puisse le XXIéme siècle être non-violent
Sa Sainteté
le Dalaï LamaRetour sommaire Kadam 24
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A la suite des évènements du 11 septembre dernier, le monde sest fortement inquiété du problème que pose le terrorisme. Sur le plan international, les gouvernements, dans leur majorité, sont tombés daccord pour penser que, dans la lutte qui sengageait, il était impératif que soient joints leurs efforts et une série de mesures ont été adoptées. Malheureusement, celles-ci ont un défaut : elles ne prennent pas en compte les causes qui sont à lorigine du terrorisme. Ce quil faut ici, cest une stratégie à long terme, permettant de développer une culture politique de non-violence et de dialogue, élaborée à léchelle mondiale. La communauté internationale doit sengager à apporter un soutien fort et efficace aux mouvements non-violents qui uvrent en faveur de changements pacifiques. En effet, ce serait faire preuve dhypocrisie que de condamner et combattre ceux qui se sont soulevés, poussés par la colère et le désespoir, tout en continuant dignorer ceux qui prônent avec constance le dialogue et la modération comme seule alternative constructive à la violence.
Nous devons tirer les leçons de nos expériences. Si nous examinons ce qui sest produit au siècle passé, on peut voir que, parmi les causes de la souffrance humaine, la plus destructive est le choix de la violence pour résoudre les différends et les conflits. Le défi qui nous est posé aujourdhui consiste donc à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce XXIème siècle soit un siècle de non-violence où les conflits seront résolus par la voie du dialogue...
Dans le climat actuel de tension politique, les autorités chinoises au Tibet ont continué, lan passé à soumettre les Tibétains de lintérieur à de très graves violations des droits de lhomme, notamment la persécution religieuse. Cela a conduit un nombre de plus en plus élevé de Tibétains à fuir le Tibet au péril de leur vie et à aller trouver refuge ailleurs. Lété dernier, lexpulsion de milliers de moines et de nonnes, tibétains aussi bien que chinois, étudiants de lInstitut Tibétain détudes Bouddhistes de Serthar au Tibet oriental, a démontré lintensité et lampleur de la répression menée au Tibet. Ces violations des droits de lhomme sont la preuve flagrante que les Tibétains sont privés du droit daffirmer et de préserver leur propre identité et leur propre culture
Le dernier Panchen Lama a déclaré, le 24 janvier 1989 à Shigatsé, lors de son ultime allocution publique, que la présence chinoise au Tibet avait apporté plus de destructions que davantages au peuple tibétain. Cest de leur culture bouddhiste tibétaine que les Tibétains tirent les valeurs et les concepts qui inspirent leur vie quotidienne et auxquels ils se réfèrent : la compassion, le pardon, la patience et le respect pour la vie sous toutes ses formes. Cest pourquoi ils sont attachés à les voir préservés. Malheureusement, notre culture bouddhiste et notre style de vie sont menacés dextinction totale. Les plans de « développement » chinois au Tibet visent, la plupart du temps, à assimiler définitivement le Tibet à la société et à la culture chinoises et à noyer démographiquement le peuple tibétain en transférant massivement des Chinois au Tibet
De nos jours, le monde tend à plus douverture, plus de liberté, de démocratie et de respect des droits de lhomme. Aussi grande, aussi puissante soit la Chine, il nen demeure pas moins quelle nest quune partie du monde. Tôt ou tard, elle devra saligner sur cette tendance mondiale. Dans les mois et les années à venir, le processus de changement entamé en Chine va saccélérer. En tant que moine bouddhiste, jaimerais voir la Chine, pays qui réunit près dun quart de la population mondiale, entreprendre ces changements de façon pacifique. Dans cette perspective, chaos et instabilité ne peuvent quapporter plus de souffrances à des millions dêtres et que faire verser plus de sang. Une telle situation aurait aussi de dangereuses conséquences pour la paix et la stabilité dans le monde. De plus, en tant quhomme je souhaite très ardemment que nos frères et surs chinois connaissent la liberté, la démocratie, la prospérité et la paix
Jespère sincèrement que les dirigeants chinois trouveront le courage et la sagesse de choisir la négociation pour résoudre les problèmes du Tibet. Cela créerait un climat politique qui permettrait à la Chine, non seulement deffectuer en douceur sa transition vers une ère nouvelle, mais aussi de donner au monde une image delle considérablement grandie. Cela ne manquerait pas non plus davoir un impact fort et positif sur la population de Taïwan en suscitant une authentique confiance, un réel espoir, cela contribuerait grandement au développement des relations sino-indiennes La situation actuelle au Tibet nest pas faite pour soulager les souffrances du peuple tibétain ni pour apporter stabilité et unité à la République Populaire de Chine. Tôt ou tard les autorités de Pékin devront regarder le problème en face. Pour ma part, je continue de croire en la politique du dialogue et je ne suis pas près dy renoncer. Mes représentants désignés se tiennent prêts à rencontrer les délégués officiels du gouvernement chinois, en tout lieu et à tout moment, dès réception dun signal positif de la part de Pékin. Ma position sur le problème du Tibet est claire et sans détour. Je ne cherche pas à obtenir lindépendance. Ce que je cherche, comme je lai maintes fois déclaré, cest que le peuple tibétain se voie donner un véritable pouvoir de sautogouverner, le droit de préserver et développer sa civilisation et dasseoir sa culture, sa religion, sa langue et son mode de vie. Pour ce faire, il est essentiel que les Tibétains puissent régler eux-mêmes toutes leurs affaires intérieures et décider librement de leur développement social, économique et culturel. En exil, nous poursuivons notre action visant à démocratiser la politique tibétaine. Lan dernier, en mars, jai fait savoir aux représentants élus de lAssemblée des Députés du Peuple Tibétain quil reviendrait aux Tibétains en exil délire le prochain Kalon Tripa (chef du gouvernement tibétain) au suffrage direct et universel. Et en août dernier, pour la première fois dans leur histoire, les Tibétains en exil ont élu au suffrage direct Samdhong Rinpoché aux fonctions de Kalon Tripa, à la majorité de 84%. Ce jour-là un grand pas a été franchi par la communauté tibétaine en exil sur la voie du développement, de la maturité et de la démocratie. Je forme lespoir que, dans lavenir, le Tibet disposera, lui aussi, dun gouvernement élu démocratique
Pour terminer, je rends hommage aux femmes et aux hommes courageux du Tibet, à ceux qui ont donné leur vie, à ceux qui continuent à le faire, pour la défense de notre liberté et je prie pour que cessent rapidement les souffrances de notre peuple.Extraits du discours prononcé le10 mars 2002
à loccasion de lanniversaire du soulèvement du peuple tibétain
Kalachakra pour la paix dans le monde
Sa Sainteté le Dalaï Lama donnera linitiation de Kalachakra à Graz, en Autriche, du 11 au 22 octobre. Après les danses de préparation, les enseignements préliminaires à linitiation auront lieu du 15 au 17 et linitiation se déroulera du 19 au 22. Une traduction française sera assurée. Le livre Kalachakra, Enseignements Préliminaires et Initiations (éd. Vajra Yogini), vous permettra de vous familiariser avec ce tantra et de suivre plus facilement linitiation. Pour plus dinformations, des dépliants en anglais sont disponibles à lInstitut. Si vous désirez vous renseigner quant aux possibilités de location dappartements ou de partage de voiture, contactez Anila Michelle.Une Nouvelle perspective pour l'Institut
Alors que Guéshé Lobsang Tengyé est sur le point de se retirer après plus de vingt ans passés à nous guider et que Denis Huet, directeur de lInstitut Vajra Yogini depuis 1983 a donné officiellement sa démission et commencé à transmettre sa responsabilité à François Lecointre, il nous a semblé important de faire le point sur cette nouvelle perspective qui souvre pour lun des plus grands centres guélougpas en Europe.
LInstitut amorce donc un nouveau virage. A travers les questions que lui a posées Sam Régad, Guéshé Lobsang Tengyé évoque le passé et lavenir ; au cours dune émouvante réunion, Denis a lu un vibrant hommage à Guéshé-lha ; lancien et le nouveau directeur échangent leurs points de vue ; après avoir été la voix de Guéshé-lha pendant plus de dix ans, Tenzin Trinley et sa famille nous quittent pour aller vivre à Lavaur. Cecilia nous livre son sentiment sur lavenir. Regards croisés !
Retraite
et Méditation
Un entretien avec Guéshé Lobsang TengyéRetour sommaire Kadam 24
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Retour en haut de pageKadam : Pouvez-vous nous dire ce que vous comptez faire à lavenir ?
Guéshé-lha : Je nai pas de grand projet maintenant, ni dambition particulière, je suis relativement âgé puisque jai 76 ans et jaspire simplement à passer un ou deux ans à réciter des manis, des mantras et guère plus. Je nambitionne rien de particulier.Kadam : Où allez-vous prendre votre retraite ?
Guéshé-lha : Jai pensé initialement vivre à lextérieur de lInstitut, mais les gens de lInstitut mont fait la requête de rester habiter sur le site et de même lorsque jai exposé mon souhait de prendre ma retraite à Lama Zopa, il a accepté et ma demandé de rester habiter à lInstitut. Jai finalement accédé à leurs requêtes et pour le moment il y a un projet de construire une petite maison sur le site de lInstitut, le projet est en cours, mais je ne sais pas encore si nous obtiendrons le permis de construire Sinon probablement que je louerai ou quune maison sera louée pour moi à lextérieur de lInstitut. Je nai pas de projet particulier autre que celui-là.Kadam : Pensez-vous alors vivre en retraite ou recevoir vos disciples de cur comme précédemment ?
Guéshé-lha : Mon souhait est de me placer plus en retrait, et lorsque des gens souhaiteront me rencontrer pour des problèmes importants, ce sera possible, mais pas à la même fréquence quauparavant. De toute façon un autre guéshé va me succéder et ils auront la possibilité de le rencontrer et de parler avec lui de ce qui les préoccupe. Pour tout ce qui concerne par contre lorganisation de lInstitut ou les enseignements, tout cela devra être traité directement avec le guéshé, il ny aura pas besoin de me voir spécifiquement à ce propos.Kadam : Quel est votre meilleur souvenir de toutes ces années à lInstitut ?
Guéshé-lha : Jai passé une vingtaine dannées à lInstitut, je peux dire que globalement je me suis régalé dêtre ici, quelque part je nai pas eu de difficultés particulières, ni de choses pénibles. Ce qui me réjouit le plus, cest de voir quil y a quelques personnes qui ont pu écouter ces enseignements, en bénéficier, les mettre en pratique et donc se transformer. Cest pour moi la plus grande source de réjouissance. La raison essentielle de ma venue en Occident était de transmettre cet enseignement, de le diffuser et donc de voir que certaines personnes ont pu en tirer un bénéfice, ont pu le mettre en pratique, me rend très heureux.Kadam : Y-a-t-il eu au cours de ces années des moments difficiles ?
Guéshé-lha : ça na pas été toujours linéaire, il y a bien eu de-ci de-là des moments plus difficiles, mais ils sont toujours restés secondaires, et je ne peux pas pointer quelque chose en particulier qui aurait été particulièrement difficile.Kadam : Auriez-vous un regret quelconque, quelque chose que vous auriez aimé accomplir et que vous navez pu réaliser ?
Guéshé-lha : Je nai pas de regret, ni de remord, tout au long de ces années jai fait de mon mieux, je naurais pas pu faire ni mieux, ni plus, à chaque moment. Maintenant, je men vais mais je sais que le nouveau guéshé, Guéshé Tenzin Dorjé qui vient du monastère de Séra va arriver et je le considère comme meilleur que moi. ça ne peut donc qualler encore mieux, par conséquent, je nai aucun regret et je ne me fais aucun souci.Kadam : Daprès votre expérience de lOccident, y-a-t-il quelque chose qui caractérise les étudiants ou les pratiquants occidentaux ?
Guéshé-lha : Ce que je pourrais peut-être dire, cest quau début, les étudiants occidentaux ont une réelle détermination, ils ont une certaine force, de lenthousiasme. Est-ce dû à des empreintes antérieures ? Je nen sais rien ; mais ensuite, ils manquent de stabilité. Soyons clairs, je parle ici dune façon globale, je ne dis pas que cest le cas de tout le monde, il y a des gens qui sont stables, dont lenthousiasme perdure, etc. Mais je parle dune façon très générale.Kadam : Voilà une question qui risque de vous faire sourire. avez-vous rencontré un ou plusieurs étudiants occidentaux qui aient des réalisations intéressantes ?
Guéshé-lha : Sans me limiter aux disciples qui sont ici, je parle donc des gens qui sont en France ou même plus largement, je peux dire quil y a des êtres dont la pratique est très bonne, il y a des êtres qui montrent des signes qui peuvent présager quils ont des réalisations. Mais je ne peux rien affirmer. Simplement au contact dun ou deux (ici je ne fais pas de généralité) on pourrait avoir limpression quils ont des réalisations. Quand on parle de réalisations, particulièrement dans le bouddhisme tibétain, il ne faut pas imaginer quil sagit de pouvoir voler, de se déplacer dans les airs ; on parle de réalisation à partir du moment où par exemple quelquun qui était extrêmement coléreux, sest assoupli, est devenu plus aimant, plus bienveillant. Cest clair que des personnes qui étaient très colériques, sont parvenues à se contrôler et ont vu leur caractère sassouplir ; des gens qui avaient un comportement très négatif, voire nuisible, se sont transformés au fur et à mesure de leur pratique. On peut dire que ce sont là des signes extérieurs de réalisations. Et même je pense que des êtres qui ont renoncé par exemple à la drogue, -que ce soit fumer du haschich ou prendre de la drogue sous quelque forme que ce soit- quelquun qui était dépendant et qui a arrêté, je considère que le fait darrêter est en soi une réalisation. Si on ne se situe donc pas du point de vue de la lévitation, je pense que certaines personnes ont développé des réalisations, comme de voir leur esprit plus maîtrisé quant à certaines émotions perturbatrices. Et par exemple, je vois certaines personnes qui avaient des actions négatives de par leur travail, qui en ont pris conscience et qui ont changé de travail ou de statut, etc. Ceci est pour moi une source de réjouissance. Par exemple, chaque année, il y a à peu près cinquante personnes qui prennent refuge nouvellement. Prendre refuge implique de ne plus tuer. Et le seul fait de voir chaque année cinquante personnes prendre la décision de ne plus tuer, est pour moi une source de joie. De ce point de vue, je pense que cest bénéfique à la fois pour moi-même et pour autrui.Kadam : Pensez-vous que le fait davoir été promu directeur spirituel de lInstitut ait favorisé votre uvre de Bodhisattva de façon plus conséquente que si vous étiez resté dans un monastère en Asie ?
Guéshé-lha : Jai limpression que le fait dêtre venu en France ma peut-être donné loccasion dêtre plus bénéfique aux gens que si jétais resté en Asie. Une des raisons est quen Inde, dans les monastères, il y avait de nombreux érudits, des maîtres dans leurs domaines, et je ne vois pas ce que jaurais pu apporté de plus. Par contre, en venant ici, je suis arrivé dans un endroit où le bouddhisme nétait pas vraiment répandu, et donc jai pu expliquer des choses à des gens qui ne connaissaient rien au bouddhisme. Je pense que de ce point de vue là, jai pu aider certaines personnes à développer une compréhension du bouddhisme, cest dans ce sens que je crois que mon action a pu être plus bénéfique que ce quelle aurait été là-bas. ça me fait penser que tout à lheure, quand tu me demandais ce que jai trouvé de plus difficile, je peux dire que ce qui ma causé le plus de difficulté a été de ne pas parler la langue, de ne pas pouvoir mexprimer directement. Mais je suis paresseux fondamentalement, cest pour cela que ça ne sest pas fait.Kadam : Pensez-vous que la préservation et le développement du Dharma en Occident soient sur la bonne voie ? Lessence du Dharma est-elle comprise ?
Guéshé-lha : Lessence du Dharma est bel et bien arrivée en Occident ; il ny a pas de doute, elle est venue à travers les différentes traditions : Sakya, Kagyou, Nyigma, Guéloug. Tout est arrivé, sans aucun problème. Maintenant, comment est-ce que cela va évoluer ? Je ne le sais pas, il ny a pas de certitude quil ny ait pas de dégénérescence. On nest pas à labri dune dégénérescence, je ne peux présager de cela. Avec lémergence actuelle de nombreux enseignants occidentaux, il ny a pas de certitude quant à ce que sera lévolution. Lessence du Dharma est bien arrivée en Occident, lessence du Dharma est bien transmise en Occident et elle est bien comprise en Occident, il ny a pas de doute à ce propos. Par contre, quest-ce qui va être fait dans lavenir ? Je nai aucune certitude.Kadam : Si lessence du Dharma a été transmise et comprise, comment pourrait-il y avoir une dégénérescence dans lavenir ?
Guéshé-lha : Ce que je veux dire, cest quil y a une partie des gens qui ont réellement compris lessence du Dharma, mais il y a également une émergence de différents enseignants qui ont plus ou moins bien compris le Dharma et donc le nombre de ceux qui lont compris risque dêtre absorbé par ceux qui ont moins bien compris le Dharma et qui le transmettent. De plus comme les gens fonctionnent beaucoup sur un mode émotionnel, cela risque de favoriser des enseignants qui sont plus charismatiques mais qui nont pas compris le Dharma, ce qui est à lorigine de la dégénérescence du Dharma. Cest vrai que jexprime des doutes : car les enseignants qui ont réellement compris le Dharma peuvent être tenus à lécart par ceux qui nont pas bien compris. Et donc on peut faire des amalgames, et cest ce quon voit déjà potentiellement.Kadam : Puis-je vous demander quels étaient les critères qualifiant les enseignants au Tibet ? était-on qualifié par un niveau détudes ou par un niveau détudes accompagné de réalisations authentifiées par des maîtres ?
Guéshé-lha : Au Tibet, ce nétait pas autant formalisé, il ny avait pas de règle établie. On pouvait très bien désigner quelquun comme professeur, car cétait quelquun qui nous enseignait les textes ou les commentait. Ca nimpliquait pas que cette personne ait des réalisations ; ça impliquait, de fait, quelle ait un niveau avéré de connaissances, et certains avaient des réalisations parce quils avaient médité parallèlement , mais dautres nen avaient pas. Il ny avait rien de vraiment uniformisé au Tibet, cétait assez disparate dun coin à lautre du pays ou même dun monastère à lautre. Cétait régi de façons très diverses. Et bien sûr, tous les gens au sein dun monastère nenseignaient pas.Kadam : Il est bien dit dans les textes que les maîtres enseignent soit à partir des textes, soit à partir de lexpérience. Or, certains étudiants pensent que le fait que les enseignants occidentaux naient pas de réalisations concourre à la dégénérescence du Dharma. Quen pensez-vous ?
Guéshé-lha : Si on regarde de façon plus absolue, transmettre le Dharma véritable requiert de la personne qui le transmet une certaine expérience. Cette personne doit avoir utilisé ce quelle a compris et quelle va enseigner, il faut quelle lait assimilé. Par exemple au Tibet, on avait de nombreux types denseignants : il y avait des gens qui nous transmettaient le Lam Rim, de par leur expérience-même, et dautres personnes qui nous commentaient des textes et cétait là plutôt une étude livresque.
Il est vrai que si lon suit strictement les textes du Lam Rim, il est dit que pour pouvoir transmettre le Lam Rim, il faut lavoir assimilé. Sinon, cest comme si on était un pot vide qui se verserait dans un autre pot vide. Ce nest pas toujours le cas dans la réalité, mais cest ce qui est affirmé dans le Lam Rim. En bref une expérience, une pratique personnelle est requise.Entretien traduit par Valérie Camplo et réalisé par Sam Regad
l'autorité d'un père Denis Huet |
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Très vénérable et très précieux Guéshé Lobsang Tengyé. Cest du fond du cur que nous vous remercions de votre compassion sans limites et des conseils pleins de sagesse que vous nous prodiguez depuis maintenant plus de vingt-et-une années. Nous voudrions vous remercier aussi pour tous ces enseignements vastes et profonds tant sur les soutras que sur les tantras que vous nous avez donnés.
Grâce à vous, lInstitut a pu recevoir les plus grands maîtres pour le bien dun nombre croissant détudiants : Sa Sainteté le Dalaï Lama en 1982 et 1993, Sa Sainteté Sakya Trinzin en juillet 1998 ; et au cours de ces 21 années, nombreux sont les Lamas parmi les plus renommés venus donner initiations, commentaires et enseignements : Song Rinpoché, Serkong Rinpoché, Guéshé Ngawang Dargey, Lati Rinpoché, Kirti Tsènshab Rinpoché, Khènsour Rinpoché, sans oublier Lama Yéshé, Lama Zopa Rinpoché et bien dautres encore.
Vous avez su guider nos pas denfants sur la voie qui mène à la libération et à léveil, nous préservant des obstacles et des interférences avec la tendresse dune mère et lautorité bienveillante dun père. Sans vous que serions-nous devenus !...
Que seraient devenus tous vos disciples et étudiants, si vous ne les aviez attrapés et retenus avec le crochet de votre compassion et lattrait de vos enseignements clairs et lumineux, logiques et subtils qui expliquent tout !
Cest donc les mains humblement jointes que nous nous présentons devant vous au nom de tous vos disciples, étudiants, au nom des membres de lInstitut et à la demande de Lama Zopa Rinpoché, pour du fond du cur vous rendre hommage.
Puissiez-vous vivre longtemps et répandre sur tous les êtres vos trésors de compassion et de sagesse.
Rencontre avec
CéciliaRetour sommaire Kadam 24
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Retour en haut de pageSam Regad a sollicité un entretien auprès de Cécilia Berranger afin de faire découvrir cette personne qui a plus d'une fonction à l'Institut et qui vient d'être nommée vice-présidente de l'association Vajra Yogini.
Kadam : Tout d'abord, Cécilia, je pense qu'il serait utile que tu rappelles quand tu es arrivée à l'Institut.
Cécilia : Je suis arrivée à Vajra Yogini, au mois de mai 83. Lama Yéshé m'a dit que ce n'était pas un hasard que je sois là. Je suis restée six semaines, puis je suis repartie. A mon retour, alors que je montais le chemin du château, j'ai vu Denis venir vers moi et dire : « enfin, je t'attendais ! Tu es responsable de la cuisine ! ». C'était la surprise. J'ai rencontré ensuite Lama Yéshé qui m'a dit de rester à l'Institut. Dans la même année, j'ai rencontré Lama Zopa et pour moi c'était évident que je devais rester.Kadam : Par la suite quel poste as-tu occupé ?
Cécilia : Pendant trois ans rien n'était vraiment défini, mais j'étais souvent à la cuisine. Au fur et à mesure la structure de l'Institut a émergé. Les gens venaient à l'Institut durant trois mois de l'année, l'hiver, il faisait trop froid. à cette époque, on faisait de longues retraites. Je crois qu'à partir de 87, Lama Zopa a commencé à demander des projets précis. Mais à mon avis, c'est à partir de la venue du Dalaï Lama en 93, que l'Institut a existé à part entière, la structure était bien en place. La préparation de la visite de Sa Sainteté a pris un an, et tout le monde a appris beaucoup de choses. à ce moment-là, Guéshé-lha m'a demandé de seconder Denis qui avait trop de travail. J'ai continué ce que je faisais, et que je fais toujours : je me consacre au quotidien de l'Institut. Je gère le travail, les priorités, les achats, les chambres, les salles d'animation. J'ai donc pris une grande partie de ce que faisait Denis et dont il n'avait plus le temps de s'occuper. Je m'occupe également des bénévoles et des demandes de résidents. La seule chose que je crois unique en ce qui me concerne est que durant toutes ces années et particulièrement maintenant, c'est que je suis pratiquement la seule personne de l'Institut à avoir une vue globale. Il y a des personnes qui connaissent très bien leur propre secteur, mais très peu ont un contact avec tout le monde.Kadam : Puisqu'une période de changement se dessine à l'Institut, comment vois-tu l'avenir ? As-tu des projets particuliers ?
Cécilia : On a longuement discuté de l'avenir de l'Institut. Mais j'ai toujours souhaité qu'il y ait de la place pour les retraitants, pour les gens qui souhaitent faire une longue retraite, pas seulement l'hiver mais toute l'année. J'ai eu cet écho de tous les visiteurs. J'ai vu Lama Zopa avec Denis lors de sa dernière visite, et sans que j'aille trop loin dans mes explications, il était tout à fait content que nous prenions cette direction. Il ne s'agit pas que l'Institut devienne un centre de retraites, il est important que les enseignements se poursuivent. Mais il faut développer la pratique. Nous avons reçu des enseignements durant des années et très peu d'opportunités de pratique. Je pense que maintenant les conditions sont réunies.Entretien réalisé par Sam Regad
Regards croisés
Un entretien avec
Denis Huet et
François LecointreRetour sommaire Kadam 24
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Kadam : Denis, comment François a-t-il été choisi pour te succéder à la tête de lInstitut ?
Denis : Approchant de mes 69 ans et ressentant une certaine fatigue, jai fait part à Guéshé-lha il y a un certain temps, de mon désir de prendre ma retraite. Guéshé-lha ma alors parlé de François et ma suggéré dessayer de le faire venir dans un premier temps comme coordinateur du programme spirituel. Lidée ma tout de suite plu. Jai en effet beaucoup destime et de sympathie pour François, que javais rencontré à plusieurs reprises quand il dirigeait le centre Kalachakra à Paris, mais je navais pas pensé à lui car je pensais que son travail le retenait à Paris.
En juillet dernier, François a donc accepté dassurer le poste de coordinateur du programme spirituel, un travail en profondeur auquel je navais pas eu vraiment le temps de me consacrer ces dernières années. Il sest donc installé à lInstitut et les mois suivants mont confirmé que le choix de Guéshé-lha était juste. François acceptant léventualité de devenir directeur, jai donc proposé son nom à Lama Zopa Rinpoché, qui choisit personnellement les directeurs de centre. Lama Zopa a confirmé que cétait un bon choix et jen suis personnellement très heureux.Kadam : De ton côté François, comment reçois-tu à la fois ce témoignage dune grande confiance et la charge dune telle entreprise ?
François : Jespère mériter cette grande confiance, mais je me sens tout petit par rapport à lampleur de la tâche. LInstitut est un des plus grands centres de la FPMT et de Lama Zopa Rinpoché ; au niveau personnel, cest donc un grand challenge de prendre une telle responsabilité. Jai eu loccasion de venir à lInstitut pour des enseignements et des retraites, mais ayant une maison en Bourgogne et mon travail à Paris je ne mimaginais pas déménager dans le Sud-Ouest. Quand Denis et Guéshé Tengyé mont demandé de venir pour coordonner le programme spirituel, jai dabord demandé à Lama Zopa Rinpoché ce quil en pensait. Il ma répondu que cétait une bonne idée. Violette étant partante, nous avons décidé de nous organiser pour venir. Je continue décrire quelques articles pour gagner notre vie et nous pouvons donc tous les deux travailler bénévolement pour lInstitut. Tout sest ensuite enchaîné, Denis, Guéshé Tengyé et Lama Zopa trouvant utile que je prenne la direction, je navais pas de raison de refuser. Jespère que je pourrai être à la hauteur de cette tâche.Kadam : Denis, peux-tu nous décrire en quelques mots les diverses phases qua traversé lInstitut au cours de ces vingt ans ?
Denis : Lorsque je suis rentré dInde en 1981, jai rencontré Lama Yéshé pour me mettre à sa disposition. Il ma envoyé à lInstitut aider Elisabeth Drukier, la première directrice, à préparer la venue de Sa Sainteté le Dalaï Lama en novembre 1982. Je suis donc arrivé à lInstitut le 13 juillet 1982. Je me suis dabord occupé des travaux de peinture, puis pendant la venue de Sa Sainteté, jai été chargé de la sécurité.
La première communauté a énormément travaillé à rendre les bâtiments accessibles au public. Quand ils sont arrivés, il ny avait pas de toilettes, pas de tout-à-légout, etc. Pendant quelques mois, cétait un peu comme les tranchées de Verdun en 17 ! à la même période, les enseignements publics ont commencé ainsi que des stages parallèles de yoga, taï-chi... Lorsque Lama Yéshé ma demandé de prendre la direction de lInstitut, début 83, une seconde communauté sest formée, avec une quinzaine de personnes. Ensuite il y a eu plusieurs phases Les attentes et les projections des uns et des autres sur ce que devait être un centre bouddhique idéal nétaient pas forcément concordantes, il na pas toujours été facile de rallier tout le monde autour dun projet commun, ça a pris des années !
LInstitut est passé à travers ces différentes épreuves que je considère quant à moi comme une purification intense. Jai le sentiment que cette longue phase de purification est plus ou moins terminée et que les fondations sont maintenant bien en place. Les conditions semblent réunies pour permettre à lInstitut de se développer.Kadam : Quelles ont été tes joies et tes satisfactions les plus grandes durant ces années ?
Denis : La satisfaction la plus grande, tout le monde en conviendra, ça a été la venue de Sa Sainteté en 1993. Nous nous sommes sentis portés par lénergie de Sa Sainteté le Dalai Lama, avec le sentiment de vraiment faire partie de son mandala. Grâce au soutien de Guéshé-lha, une véritable équipe sest formée et cétait une très grande joie de pouvoir travailler dans des conditions quon navait pas toujours connues auparavant.
Une autre grande joie a été la construction de la stoupa Kadampa érigée à la mémoire de Lama Yéshé. Daprès Guéshé-lha, cest la plus haute du monde, parce que cette forme de stoupa nest pas très courante. Au Tibet, il devait y en avoir trois et la plus haute mesurait deux mètres. Alors cest une satisfaction davoir une stoupa Kadampa de huit mètres cinquante de haut devant le château ! Cest Martin Fishter, lactuel coordinateur FPMT pour lEurope, qui a tout organisé : la collecte des fonds, la prise de contact avec les compagnons qui lont construite, le remplissage de la stoupa. ça a été une très grande joie pour tous de la voir terminée.Kadam : Penses-tu que toutes tes années de travail à lInstitut ont contribué à ton développement spirituel personnel ? En dautres termes, as-tu eu le temps de penser à ta pratique ?
Denis : Souvent, quand on arrive à lInstitut en tant que résident, on a lidée quon va pouvoir pratiquer intensément. Mais en fait nous sommes ici au service des autres, et notre propre pratique doit passer au dernier plan. On peut développer un sentiment de frustration à ne pas suivre les enseignements alors quon est aux premières loges. Matériellement, je nai effectivement pas eu le temps de suivre des enseignements ou de faire des pratiques comme je laurais souhaité. Quand jai pu le faire, jai souvent eu du mal à lâcher prise des multiples problèmes du quotidien, des problèmes de visas à la sécurité sociale... Quant à mon développement personnel, il est clair que je nai aucune réalisation. Je ne suis pas à même de dire si jai progressé sur le plan spirituel, mais en tout cas je peux dire que jai beaucoup appris sur moi-même et sur le fonctionnement de lesprit.Kadam : Comment as-tu géré la responsabilité de cette grande entreprise ?
Denis : Pendant longtemps, il a été très difficile de prendre des décisions qui soient acceptées par lensemble de la communauté. Les positions des uns et des autres étaient plutôt extrêmes que « madhyamika » et il nétait pas évident de trouver des consensus. Je me souviens de certaines réunions de communauté où certains avaient repris le slogan de mai 68 : « il est interdit dinterdire ! » Lidée était de mettre en place un règlement, mais où le mot interdit ne soit pas mentionné. Cet exercice de style sest avéré impossible. Jajouterai que ce qui ma frappé au cours de ces deux décennies, cest de voir que quel que soit le tempérament des uns et des autres -et Dieu sait sil y a eu des tempéraments forts !- on na pas raison face à une communauté. Tôt ou tard on est obligé de temporiser son point de vue. Très vite jai compris quétant dans une communauté spirituelle, nous devions accorder la primauté au spirituel, et que je devais donc mappuyer sur Guéshé Tengyé. Pour quun centre fonctionne, il est clair quil faut quil y ait un accord complet entre le Guéshé et le directeur. Sinon, on court à la catastrophe. Pratiquement, je nai donc pris aucune décision importante sans en référer à Guéshé-lha. Pour moi, le vrai patron de lInstitut cest Guéshé-lha. Je tiens également à rendre hommage à tous les résidents qui se sont succédés au cours des années. Sans leur bénévolat, lInstitut nexisterait pas. Merci à tous !Kadam : Quels sont tes souhaits pour lavenir de lInstitut et pour François ?
Denis : Comme je lai dit, je pense que nous avons subi une purification très intense et que maintenant les bases de lInstitut sont établies. Je suis sûr quavec François et léquipe actuelle les conditions sont réunies pour que lInstitut continue de se développer et quil puisse répondre à lintérêt grandissant pour le bouddhisme. Et donc, je souhaite à François bonne mer et bon vent.Kadam : François, tu es arrivé à lInstitut lété dernier, quelles ont été tes premières impressions ?
François : Jai été très bien accueilli et jai été surpris de me sentir très rapidement partie intégrante de la famille. Et puis jai constaté avec joie que lambiance était très bonne. On mavait souvent parlé des périodes difficiles quavait traversées la communauté et ce nest pas du tout ce que jai découvert à lInstitut. Je suis sans doute arrivé à un bon moment. Lama Zopa Rinpoché était passé au printemps et sa visite a certainement débloqué certaines choses.Kadam : Maintenant que tu es promu au poste de responsable, quel regard portes-tu sur la situation de lInstitut ?
François : LInstitut est dans une excellente dynamique à tous points de vue, ce qui me permet daborder ma nouvelle responsabilité avec une grande confiance. La situation financière est très saine, ce qui est une grande chance car ce nest pas le cas de tous les centres bouddhistes. LInstitut a déjà pu mener à bien une grande partie de la rénovation de ses bâtiments, et même sil reste encore beaucoup de chantiers en attente, une grande partie de la rénovation et de la sauvegarde des bâtiments a déjà été faite. Au niveau spirituel, lInstitut profite sûrement de la médiatisation du bouddhisme en Occident : il y a beaucoup de gens nouvellement intéressés qui téléphonent, viennent aux enseignements. Toutes les conditions semblent donc réunies pour que lInstitut puisse offrir de plus en plus de bénéfices à un nombre de plus en plus grand de personnes.Kadam : Tu viens de participer à une réunion de directeurs des centres, où tu as rencontré Lama Zopa Rinpoché. Peux-tu dores et déjà nous faire part de tes projets pour lInstitut ?
François : Un premier axe important suggéré par Rinpoché lors de sa visite au printemps 2001, est de mettre un peu plus laccent sur les pratiques et sur les retraites. LInstitut a un cadre idéal pour accueillir des retraitants, mais il faut trouver les moyens daméliorer encore notre programme dans ce domaine. Pour les retraites individuelles, les chambres du château ne sont pas toujours très adaptées. Nous pourrions bâtir des cabines individuelles de retraite ou restaurer une partie des dépendances dans ce but.
Quant aux enseignements, pour répondre aux souhaits de Lama Zopa Rinpoché, nous devons progressivement mettre en place les programmes détudes de la FPMT. Depuis septembre dernier, près de soixante-dix membres de lInstitut étudient Les Fondements de la Pensée Bouddhique, un programme proposé par Guéshé Tashi, le Guéshé résident du centre FPMT de Londres, qui sadresse aux étudiants de niveau intermédiaire. Nous sommes très heureux de constater le sérieux et lassiduité avec lesquels les étudiants viennent tous les mois partager en groupe leur travail personnel. Forts de cette expérience très réussie, nous mettrons en place lannée prochaine un programme intitulé Découverte du Bouddhisme. Il est plutôt destiné aux débutants et allie enseignements, lectures à la maison, groupes de discussions, méditations quotidiennes. Fin 2003, dans le prolongement du programme de Guéshé Tashi, nous mettrons probablement en place le Basic Program, qui est un cursus sur cinq ans à destination détudiants intermédiaires ou avancés.
La mise en place de tous ces programmes nécessitera certainement limplication de nombreux anciens étudiants, puisquil faut animer des groupes de discussion, guider des méditations... Cest là une direction intéressante car les anciens étudiants ne savent pas toujours comment continuer à simpliquer à lInstitut.
Dans les prochaines années, nous devrons aussi certainement développer nos activités dans le domaine de léducation universelle, un projet qui tient très à cur à Lama Zopa Rinpoché. à lInstitut, nous avons déjà tous les étés un atelier pour adolescents. En collaboration avec le bureau international de la FPMT, nous devrons continuer à développer des programmes à destination des enfants et des adolescents.
à ces projets, il faut bien sûr ajouter la poursuite de lessor des centres et des groupes détudes liés à lInstitut : à Balma, à Toulouse, à Castres, et sans doute à Albi lan prochain. Lidée est de proposer de plus en plus denseignements en ville, pour éviter aux citadins davoir à se déplacer trop souvent jusquà lInstitut. Nous pourrons offrir aux gens des villes la possibilité de méditer sur les enseignements reçus « chez eux » dans le cadre propice du château. à ce propos, jai lespoir que Charles, un des « enfants chéris » de lInstitut, puisse se rapprocher prochainement de nous pour contribuer à accentuer cette dynamique de pratique et de retraite.
Enfin, bien sûr, nous continuons à faire régulièrement la requête à Lama Zopa Rinpoché de venir enseigner ou guider une retraite à lInstitut. Continuons à prier pour que ce souhait se concrétise très rapidement. .
Voilà pour les axes dans le domaine spirituel ; il y a évidemment un autre chantier beaucoup plus matériel et qui paraît perpétuel, comme dans toutes les vieilles bâtisses, cest de poursuivre la rénovation des bâtiments, petit à petit. Cest un projet important car cest ce qui nous permettra daccueillir plus de monde et dans de meilleures conditions. Quoi quil en soit, le chantier prioritaire pour cette année est la construction dune maison pour la retraite de Guéshé-lha. Grâce à Guéshé Tengyé, lInstitut a pu offrir à un grand nombre dêtres de grands bénéfices depuis près de vingt-et-un ans. Nous avons aujourdhui une opportunité formidable de lui témoigner notre reconnaissance. Merci davance à tous ceux qui pourront aider !Kadam : As-tu des craintes particulières ?
François : Non, dautant que Denis va rester au moins jusquà la fin de lannée pour me passer les dossiers et terminer la mise en place de la structure légale, fiscale et comptable des différentes associations qui constituent lInstitut. Lorsque je lai vu le mois dernier, Lama Zopa Rinpoché ma conseillé de garder Denis près de moi et de mappuyer sur lui. Merci à lui davoir accepté !
Entretien réalisé par Sam Regad
Le futur guéshé
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Choisi par Lama Zopa Rinpoché pour prendre la succession de Guéshé Tengyé, Guéshé Tenzin Dorjé est un bon ami de Guéshé-lha puisqu'il fait partie du même khamtsèn au monastère de Séra. Entré au monastère de Séra du Tibet dans les années 50, Guéshé Tenzin Dorjé s'était lui-aussi exilé en Inde après 1959 et le départ de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Il y continua ses études dans le camp de Buxar, puis au monastère de Séra reconstruit dans le Sud de l'Inde, où il obtint son diplôme de guéshé. Selon Lama Zopa Rinpoché et Guéshé Tengyé, Guéshé Tenzin Dorjé est un très bon enseignant et tous ceux qui le connaissent l'apprécient beaucoup, notamment pour sa bonne humeur.
Au revoir Tenzin
A loccasion du départ de Tenzin, Tséring, Dolkar et Sonam pour une nouvelle vie vauréenne, un repas a été organisé à l'Institut avec Guéshé-lha. L'occasion de remercier Tenzin, qui était arrivé à l'Institut en 1983, pour ses quinze ans de traduction en tandem avec Marie Henry, qui nous ont permis de goûter au miel des enseignements de Guéshé Tengyé et de nombreux autres lamas. « Merci à vous quatre pour votre joie de vivre, votre gentillesse et les nombreux talents que vous avez partagés, conclut Denis Huet. Et n'oubliez pas que vous serez toujours bienvenus au château ! ».